La biodynamie

La biodynamie est un corpus de conceptions agricoles établi par Rudolf Steiner dans ses cycles de conférences, lors du 1er quart du XXème siècle. Elle est aussi appelée « agriculture biologique dynamique ». Mais biodynamie est le terme exact. Rudolf Steiner n’a écrit que 4 livres en tant que tels, dont l’impressionnante « Philosophie de la Liberté ». Hormis ces 4 livres, tous les écrits concernant son anthroposophie sont des compilations, sous forme de livres, de ses 6.000 conférences données dans toute l’Europe, essentiellement lors du premier quart du vingtième siècle.

N’en déplaise aux fervents détracteurs de la « Pensée magique », la biodynamie est la preuve indiscutable, expérimentale, de la réalité des interactions des forces solaires, planétaires et satellitaires.

Il est important de noter que dès 1923 Steiner alertait sur les dangers de la vache folle. Et dire qu’il est à nouveau question de remettre les farines carnées au goût du jour pour les herbivores. Nous n’apprenons donc jamais !…

Le paradoxe est que Steiner est souvent considéré comme un « illuminé », dans l’acception négative du terme, alors que si le temps est pris de le lire sans préjugé, avec un Esprit ouvert, il est une source de connaissances spirituelles absolument uniques. Sa Science de l’Esprit est consignée dans plus de 400 compilations de cycles, sous forme de livres donc, dont plus de 150 traduites en français.

La biodynamie est en partie fondée sur les cycles planétaires et le cycle de la lunaison. L’idée de la biodynamie est que toute unité de production agricole, au sens large, et de travail sur les paysages est en soi un organisme vivant. Ses objectifs sont de limiter l’action des parasites sur les plantes, de structurer et de développer les sols, sans adjonction de produits de synthèse aucun. Les plantes sont utilisées pour élaborer des extraits végétaux. Les dilutions y sont très utilisées.

Les plus anciennes fermes biodynamiques se trouvent en Autriche et en Allemagne. Logique d’une certaine façon puisque les cycles de Steiner étaient passés sur papier en allemand. Il faut aussi remarquer que sous l’impulsion d’Alex Podolinsky qui émigra en 1947 en Australie, ce pays compte aujourd’hui plus d’un million d’hectares en culture biodynamique ! La biodynamie permet de compenser les nombreux aléas climatiques et la pauvreté des terres de ce pays avec succès.

La France est un peu en retard quant à la biodynamie. Son hyper rationalisme en est-il la cause ? Pays où seuls quelques deux milles agriculteurs ont recours à la biodynamie en mode de production… Quel dommage lorsque nous voyons les effets dévastateurs des pesticides (dont la France est championne européenne et dans le trio de tête mondial) tant sur l’Homme que sur nos petites amies les abeilles, si précieuses, si vitales, et nombre d’espèces animales. Cela dit, la France est en train de combler son retard, surtout en viticulture, domaine où elle excelle.

De nombreux rapports réalisés dans le monde entier prouvent les résultats de la biodynamie, ils ont été publiés dans des revues de premier plan : Reganold J.P, Kœning U.J, Mäder…

Contre les parasites et les ravageurs la biodynamie a recours à des incinérations, donnant des cendres, qui, après dilution, allant jusqu’au millionième, et agitation, sont épandues.
Les insectes se capturent par aspiration ou en secouant les végétaux. Ce sont ces taux de dilution très élevés, de type homéopathique qui sont parfois sujet à controverse ; cela étant il est possible empiriquement d’affirmer que la biodynamie fonctionne à merveille…

Tout comme en homéopathie les cycles et configurations planétaires retrouvent toute leur place dans le monde actuel, à travers la biodynamie en particulier, après l’exclusion de l’astrologie du champ des sciences par Colbert en 1666.

En biodynamie les calendriers sont fondés sur l’astrologie sidérale, celle des constellations, et non celle des signes du zodiaque. Cela ne signifie pas que l’astrologie tropicale, fondée sur les signes, n’ait de valeur, il s’agit de deux référentiels complémentaires.

La biodynamie se fonde sur un calendrier astrologique quant aux semis. Le cycle de la lunaison et ses sous-cycles, ou cycles synodiques, périodes qui séparent deux phases identiques de la Lune, sont mis à profit en biodynamie ; principes exposés dans le cycle de conférence « L’agriculture » de Rudolf Steiner.

Quant au cycle de la lunaison, sont distinguées deux phases principales : la Lune croissante, «Lune jeune, ou tendre», et la Lune décroissante, ou «Lune vieille».

Correspondances par élément :

Terre : Racines – carottes, raves, oignons, radis, pommes de terre.
Eau : Feuilles – choux, salades, persil, épinards.
Air : Fleurs – fleurs, brocolis, oléagineux.
Feu : Fruits, graines – fruits, céréales, légumineuses.

Il faut absolument noter ici que la distinction de ces 4 éléments fondamentaux est multi millénaire, elle est une réalité, nous voyons la terre, nous sentons le vent. Elle a été mise de côté lors de la constitution de la classification périodique des éléments de Mendeleïev. Mais les deux devraient co exister. Nous ne voyons pas l’uranium ni ne le sentons… Dommage d’ailleurs, nous serions mieux protégés… La classification périodique des éléments de Mendeleïev est une abstraction. Les quatre éléments sont une réalité, sur laquelle nos sens nous informent en permanence.

Le cycle lunaire, ou lunaison, a une importance majeure en biodynamie. L’orbite de la Lune est elliptique ; son apogée (Lune noire en astrologie) se trouve à environ 405.000 km de la terre, et son périgée (Priape ou queue de lune noire) est situé à environ 360.000 km de la Terre. Cet axe « lune noire – Priape » se déplace dans le sens des planètes et dure environ 9 ans. Dans son cycle de conférences « L’agriculture », Steiner parle de l’action de ce cycle lunaire sur les plantes et les parasites, il y donne des exemples précis.

Il existe un autre cycle lunaire, important en astrologie occidentale, et crucial en astrologie hindoue, c’est le cycle draconitique, ou cycle des nœuds lunaires. Le nœud nord, ou tête du dragon (Rahu en astrologie hindoue) correspond au point de l’orbite de la Lune où celle-ci traverse le plan de l’écliptique (plan de l’orbite de la Terre autour du Soleil) vers le Nord. Le nœud sud, ou queue du dragon (Ketu en astrologie hindoue) correspond au point de l’orbite de la Lune où elle traverse le plan de l’écliptique vers le Sud. Comme le cycle de la lunaison dure 27 jours et quelques, la lune passe chacun de ses nœuds environ toutes les deux semaines. L’axe des nœuds lunaires se déplace en sens inverse de celui des planètes, son cycle est d’un peu moins de 19 ans.

Ceci est dû au fait que le plan de l’orbite de la lune fait un angle de plusieurs degrés avec celui de l’écliptique.

A propos d’astrologie hindoue, voir la note en bas de page ***

Mais la biodynamie ne tient pas uniquement compte du cycle de la lunaison et du cycle draconitique, elle tient aussi compte des nœuds nord et sud des planètes.

Les planètes intérieures, Mercure et Vénus ont des passages défavorables sur leurs nœuds de 30 heures avant et de 12 heures après. Les effets des nœuds des planètes extérieures, Mars, Jupiter et Saturne peuvent durer 72 heures.

La biodynamie considèrent que les travaux agricoles et paysagistes effectués à ces moments peuvent être compromis. Il est vivement déconseillé de commencer tout travail agricole et/ou biodynamique durant les heures qui encadrent le passage de la lune et des planètes à leurs nœuds nord et sud.

Dans une conférence de son Cours « l’Agriculture », R. Steiner affirme qu’une unité agricole devrait pouvoir être autonome ou quasi, fumure, semences (ici les OGM sont mal placés…), fourrage… Cette autonomie devrait tout du moins être régionale.

En biodynamie, l’animal est central : soins aux oiseaux et aux accessoires comme les nichoirs, les points d’eau ; des ruches bien pensées…

La biodynamie, va, bien-sûr à l’encontre de la productivité intensive, tant sur le plan des cultures que de l’élevage, pour privilégier la fécondité naturelle, le tissu rural et l’harmonie des paysages. Les volailles doivent avoir la place de courir, les abeilles de vivre tranquilles et de butiner en paix.

En biodynamie, il est important d’éviter à tout prix la surproduction et de laisser les animaux, insectes compris, vivre dans des conditions naturelles tout en respectant leur intégrité physique. Les cornes des bovins adultes sont indispensables en bio-dynamique, mais elles sont récupérées après leur mort pour élaborer les préparations biodynamiques : bouse de corne et silice de corne…

La biodynamie est mise en pratique en viticulture, comme dans quelques grands crus bordelais, mais aussi dans le Jura, en Bourgogne, en Alsace, en Pays de Loire, en Savoie, en Languedoc, en Roussillon et en Champagne ! La viticulture biodynamique est pratiquée avec de très brillants résultats dans toute l’Europe.

Les labels biodynamiques reconnus sont : Demeter, Biodyn, et Biodyvin quant au vin biodynamique français. Aujourd’hui la superficie dédiée à la biodynamie dans le monde est de 1.200.000 hectares.

L’agriculture biodynamique n’est pas un retour primaire à la nature, mais bien un corpus de techniques spécifiques comme le travail des composts, la rotation longue, la culture des plantes à enracinement profond, le travail relativement modéré du sol. Il s’agit ici de comprendre et respecter la vie de la nature, ses rythmes, ses contraintes… Il s’agit bien évidemment d’éviter à tout prix l’appauvrissement des sol à cause de pratiques intensives, sans repos des sols. Tout produit chimique de synthèse étant par principe proscrit ! Seuls les composts naturels étant acceptés.

Pour éviter maladies et destructeurs, l’agriculture bio-dynamique utilise les plantes compagnes, les plantes qui se renforcent les unes les autres par proximité. Contre les parasites, elle a recours aux décoctions, infusions, et à des préparations à base d’absinthe, de ciboulette, de tanaisie, de raifort, de poudre de pyrèthre, de racine de fougère, de bois de quassia ; ainsi que la chaux en poudre, et la poudre d’algues calcifiées. D’autres engrais sont utilisés, la poudre de plume ou de soies de porc, la poudre de basalte.

Les préparations, élaborées à partir des enseignements de Rudolf Steiner, font la spécificité de l’agriculture bio-dynamique. Il y en a six principales ; quatre concernent le compost en cours d’élaboration, et deux les pulvérisations : une sur les sols, une sur les plantes en croissance.

Il y a deux préparations essentielles en biodynamie : la « bouse de corne » et la « silice de corne », élaborée à partir de quartz réduite en poudre fine et déposée en terre, en été, dans une corne de vache. La silice de corne, complémentaire de la première, est utilisée sur la partie aérienne des plantes, en « pulvérisation de lumière » favorisant la vigueur des plantes et réduisant leur tendance à la maladie.

Les préparations en biodynamie sont donc pour la plupart issues de fermentations ; elles sont utilisées ensuite avec un taux de dilution très élevé, quelques gramme pour plusieurs mètres cube d’eau de pluie ou d’eau de source. Ces préparation sont ensuite l’objet d’un brassage en plein air, suivi d’une utilisation immédiate.

La biodynamie est bien une faille avérée du consensus matérialiste, car elle fonctionne à merveille. Les produits issus de la biodynamie, surtout en viticulture, séduisent de plus en plus de gens, tant à travers leur goût, que leur conscience de la nécessité de revenir à une sagesse multi millénaire, diamétralement opposée au sur productivisme. Nous sommes au cœur du débat qualité versus quantité ; d’autant que la biodynamie ne réduit pas tant que cela les quantités produites ; surtout lorsque le long terme est considéré.

*** Note : Rahu et Ketu sont presque aussi importants que Saturne en astrologie hindoue, car tous trois sont liés au Karma. A rappeler ici que la vision de Karma que nous avons en Occident est presque toujours fausse. Karma n’est pas une punition, il est juste corollaire du principe d’action-réaction, il est l’une des manifestations invisibles du principe de causalité. Toute pensée, toute action engendre une réaction. Il s’agit de la dialectique Dharma – Karma. De voir Karma comme un châtiment est une projection judéo-chrétienne réductrice.

Le vin biodynamique a une place privilégiée sur le site V comme Vin.