Jeudi soir dernier, nous avons organisé la soirée dégustation mensuelle de V comme Vin. L’occasion de déguster 7 vins sur la thématique de la syrah, à l’aveugle. Ce choix de dégustation à l’aveugle permet d’éviter les à priori, nombreux dans la dégustation. Les bouteilles étaient réparties de manières suivantes : 4 vins du Sud et 3 du Nord. A noter que les vins du Sud étaient à forte dominante de syrah, mais pas à 100 %. Et une bouteille pirate, à base de grenache, counoise et carignan, qui s’est retrouvée par hasard en fin de dégustation, donc plus facile à identifier.
L’ordre de la dégustation était aléatoire et les vins ouverts 3 heures avant.

Syrah-dégustation

1 er vin : Crozes Hermitage Alain Graillot rouge 2011.
Robe intense, violacée.
Nez fumé, lardé, notes graphites, pointe variétale, légèrement fermé.
Bouche sur la fraîcheur, avec des tanins pointus, belle mâche, un vin qui se révèle un peu sur la retenue avec un fruit en retrait, mais qui affirme un joli potentiel de garde.

2ème vin : Grignan les Adhémar Mas Théo Griffon rouge 2009.
Robe profonde, dense.
Note animale, réduction, fruits noirs.
Bouche ample et ronde, avec une puissance et un caractère épicé qui affirme ses origines sudistes. Les arômes s’orientent sur des notes de fruits noirs et rouges, avec un caractère boisé en support. Belle complexité.

3ème vin : IGP Bouches du Rhône Domaine des Masques rouge 2010.
Robe violacée.
Nez fumé, « réglissé », avec une dominante de fruits noirs, des petites notes florales et un joli boisé.
Bouche ronde avec une belle suavité de tanins. Générosité, puissance, avec des arômes de cuir, de prune, et d’épices forment un ensemble élégant. Belle longueur sur les épices. Une très belle bouteille.

4ème vin : Luberon Ch. la Verrerie Grand Deffand rouge 2009 (élu 3 ème meilleure syrah du monde lors du concours organisé par « les syrah du monde » en 2012).
Robe d’un rubis soutenu, éclatant.
Nez élégant et complexe, grillé et boisé, avec des arômes de fruits noirs.
La bouche s’ouvre par une attaque franche, puis évolue sur une belle souplesse, mise en valeur par des tanins ronds et suaves, bien enrobés par la richesse du vin. La bouche est dans un style droit, avec une belle allonge. Un vin sur la réserve au niveau aromatique, mais qui présente une belle droiture ; bien fait.

5ème vin : Côte Rôtie Dom. Jasmin rouge 2010.
Robe rubis, reflets violacés.
Nez fin et élégant sur des arômes poivrés, de fruits rouges, de fleurs, avec une pointe mentholée qui apporte un caractère frais à l’olfactif.
La Bouche est élégante avec une acidité très agréable qui donne beaucoup de relief au vin. Les arômes de fruits rouges et de fleurs se prolongent sur une finale persistante et délicate.
Assurément un vin de terroir.

6ème vin : Cornas Dom. Guillaume Gilles Combe de Chaillot rouge 2009.
Robe rubis soutenu.
Nez sur l’acétate, avec des arômes de figues, de fruits noirs et de pivoine.
La bouche présente une forte maturité, avec des notes « légèrement » sur muries. Belle suavité de tanins, mais toujours les notes acétates qui perturbent l’ensemble. Finale avec de la mâche.

7ème vin : Luberon Domaine Ruffinatto l’Infante rouge 2010.
Robe grenat.
Nez agréable et charmeur, belle notes de fruits noirs, de garrigues et de réglisse.
En bouche le vin est souple et rond avec des tanins suaves. Belle matière tout en finesse. Une très belle cuvée du Luberon.

Une belle soirée qui a vu les grandes syrah du Nord se faire bousculer par les vins du Sud. Mention spéciale pour le domaine des Masques qui a remporté le plus grand succès ; cela dit M. Yves Cuilleron, vigneron émérite de CDR Nord n’est certainement pas étranger à cette réussite puisque c’est lui qui, en consulting, oriente la viticulture et la vinification. La Côte Rôtie de Patrick Jasmin a montré la qualité des grandes appellations, avec une finesse digne des grandes Côte Rôtie.
Les 2009 du Sud se sont montrés plus frais que nous aurions pu l’imaginer, laissant le dégustateur « à l’aveugle » perplexe sur l’origine des vins…
Le Crozes Hermitage d’Alain Graillot 2011 ainsi que le Cornas Guillaume Gilles 2009 ne se sont pas montrés sur leurs plus beaux jours, affichant un certain déséquilibre, avec une mâche trop marquée, et une acidité pointue pour le premier et un caractère acétate et trop ensoleillé pour le second. Néanmoins, ces remarques retranscrivent le sentiment d’un moment et mérite une seconde dégustation dans quelques mois.