A l’origine la vigne sauvage est une liane. Elle nous a précédé sur terre, ses ancêtres datant apparemment du tertiaire. Il y a plus d’un million d’années, existait déjà une vigne sauvage ou lambrusque.

La vigne, plus ou moins telle que nous la connaissons aujourd’hui, semble être apparue il y a 8.000 ans en Mésopotamie et dans le Caucase. Les Égyptiens commencèrent à la cultiver il y a environ 5.000 ans, les Grecs 4.000. Des amphores de vin blanc ont été retrouvées dans la tombe du pharaon Semerket. Existent des traces de sa culture en Italie et dans le Maghreb il y a 3.000 ans ; puis dans le Sud de la France, en Espagne et au Portugal il y a 2.500 ans. Sa culture a ensuite été étendue jusqu’à l’Europe du Nord, principalement par incitation romaine.

La vinification existe depuis plusieurs millénaires. Les premières traces ont été découvertes en Iran à travers la présence d’une jarre néolithique datant de 7.000 ans, ainsi que de vases vieux de 8.000 ans au Sud-Est de l’Arménie, dans une grotte près d’Areni ; vases ayant contenu du vin, avec une certitude scientifique. En l’état actuel des connaissances, le vin est donc arménien. Areni produit toujours du vin à ce jour. Un pressoir à vin et une cuve de fermentation en argile y ont même été identifiés ; ainsi que des pépins et des reliquats de grappes pressées. Le pressoir, d’un mètre carré et de 15 centimètres de profondeur, possédait un conduit permettant au jus de raisin de passer dans la cuve de fermentation ; cette cuve de 0.6 mètre de profondeur pouvait contenir une cinquantaine de litres de vin.
Des traces d’éléments de vinification datant de plus de 7.000 ans ont également été mises à jour en Géorgie. Les raisins étaient foulés aux pieds comme cela a été fait pendant très longtemps dans tous les lieux de production de vin.
Des traces d’un pigment donnant sa couleur rouge au vin, la malvidine, ont également été localisées en Arménie.

La rationalisation de la vinification aurait par-contre été développée en Asie du Sud-Est, pour se déplacer vers l’Égypte, puis l’Europe. La schématisation graphique de ces procédés, incluant les vendanges, est le fait des Égyptiens il y a environ 4.600 ans, sur des bas-relief. De nombreuses peintures égyptiennes un peu plus récentes décrivent également le processus de la vinification. Le vin égyptien de cette époque était clair, non pigmenté ; il n’y avait pas de cuvaison. Mais il semble que le vin rouge soit apparu en Égypte dès 1.300 avant Jésus-Christ.

Il était assez fréquent de voir les vins agrémentés d’épices, et surtout dilués avec de l’eau…

Dans ces anciennes civilisations c’est la bière qui était consommée en bien plus grande quantité, car son élaboration est rapide ; quelques heures seulement… Celle du vin est bien plus sophistiquée, et ce produit était réservé aux nantis ainsi qu’aux occasions religieuses et politiques. La dissémination de ces techniques en Europe a donc pris plus de temps que celles de l’élaboration de la bière.

En revanche les trois couleurs du vin se retrouvaient déjà dans la Grèce antique. Un très vaste pan de la mythologie grecque tourne autour du vin ; son représentant le plus connu étant bien-sûr Dionysos, devenu Bacchus chez les Romains, mais aussi Priape, Pan et d’autres divinités.

La vigne

Le plus ancien pressoir connu a été découvert en Crète. Les Grecs et les Phéniciens, tous deux producteurs, implantèrent la culture de la vigne dans tout le bassin méditerranéen il y a environ 3.500 ans ; puis les Romains développèrent également cette culture, ainsi que les méthodes de vinification.

Ce furent les Grecs qui introduisirent la viticulture en Gaule ; le vin y entrait aussi en grande quantité grâce à des marchands installés à Marseille, Massalia à l’époque, où la culture de la vigne fut également implantée il y a environ 2.700 ans et dans plusieurs parties des actuelles Bouches-du-Rhône.

Les Gaulois commencèrent la viticulture il y a 2.600 ans, les Romains leur interdirent, s’en accaparant le monopole, puis s’y remirent quelques cinq siècles plus tard à la faveur de la chute de l’empire romain, pour petit à petit commencer à exporter en quantité. Les ordres monastiques produisant eux aussi. La vinification recourant tant aux fouloirs qu’aux pressoirs ; mais les pressoirs étaient plus rares, car très chers.
Au début du 1er millénaire certaines exploitation viticoles romaines pouvaient aller jusqu’à 300 hectares. Au 1er siècle l’empereur Domitien fit même arracher des centaines d’hectares de vigne gauloise pour stimuler la production romaine.

Au IVème siècle, la viticulture avait regagné de nombreuses régions françaises, jusqu’à la région parisienne, qui fut longtemps l’une des premières aires de production de vin en France, la première au moyen-âge ; la France étant le plus grand exportateur de vin à cette époque. Les techniques de vinification se virent alors enrichies du vieillissement en fût.

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C’est au moyen-âge qu’apparut le vin tel que nous le connaissons aujourd’hui, non coupé à l’eau et déchargé de toute épice et aromate.
A noter que les rites chrétiens ont beaucoup contribué à la propagation de la consommation de vin dans le monde entier ; le pain et le vin. Et, comme dit plus haut, les moines étaient très souvent les meilleurs viticulteurs, l’église possédant de très nombreux vignobles.

Au début du IXème siècle Charlemagne fit publier des édits préconisant l’excellence quant à la qualité de la viticulture et de la vinification.

La région bordelaise sous domination anglaise à la fin du Xème siècle commençât à développer la production de vin et l’export vers l’Angleterre de grandes quantité de clairet, vin très prisé des Grands Bretons. Cette région poursuivit son développement viticole, avec une vive accélération en fin de XIIème, jusqu’à nos jours.

Le XIIème siècle vit aussi la rédaction d’une charte fondatrice de la viticulture champenoise ; époque qui vit aussi, à peu de chose près, l’apparition des classements des vins.

C’est au moyen-âge que le vin rouge a commencé à dominer la production, aidé en cela par l’église ; l’exportation du vin prenant un essor considérable.
Les grandes famines ont incité certains rois comme Charles IX à faire convertir d’urgence la viticulture en culture du blé.

L’expansion de la viticulture mondiale se fit beaucoup à travers les colonisations. Chili, Argentine Afrique du sud, Mexique…

Louis XV bloquât les nouvelles implantations de vignes sur des terroirs impropres à l’obtention de vin de qualité.

Aux États-Unis au XVIIème siècle après de nombreuses tentatives infructueuses avec la vigne sauvage locale, des pieds européens furent plantés sur la côte est ; ils ne tinrent pas… C’est un siècle plus tard que la viticulture californienne fut développée par les franciscains.
Au Canada, la vigne importée d’Europe tint mieux ; surtout autour des grands lacs, jusqu’à aujourd’hui.

Le vin, boisson reine jusqu’au XVIIème, car parfaitement stockable, perdit sa suprématie par l’avènement progressif de la bière, du thé, du café et du chocolat, mais aussi, plus tard, par la quasi généralisation de l’eau courante.

Au XVIIème, l’invention de la bouteille par les Anglais et sa rapide diffusion, permit au vin de reprendre de grandes parts du marché des boissons ; la bouteille permettant la fameuse « Garde », le vin de réserve. A cette époque de nouvelles techniques apparurent également, comme l’ouillage et le soutirage, techniques permettant un vieillissement bonifiant de certains vins, notamment du Bordelais. La mise en bouteille demeurant toutefois chère.

La Révolution française rétablit la liberté de culture, et confisquât les vignes du clergé pour les redistribuer au peuple.

La révolution industrielle du XIXème siècle facilitât les transports, et notamment celui du vin, ce qui permit l’expansion de cette production ; l’Italie se taillât alors une part de lion.

Se posât alors la question de la classification des vins, notamment de ceux du Bordelais, à la demande de Napoléon III en 1855 ; classification fondée sur des critères de qualité et de prix de revient. Les vins furent classés du premier au cinquième cru. Tous les rouges, 61 châteaux, venant du Médoc sauf le Château Haut-Brion, produit dans les Graves. Les blancs, 27 châteaux, furent limités aux sauternes et Barsac.
N’existait alors qu’une classification, celle du « Moniteur viticole », qui était totalement incomplète, mais aussi des plus fantasques. De très nombreux vins étaient méconnus, les magouilles fort présentes.

En 1863 la 1ère grande plaie s’abattant sur le viticulture fut le phylloxéra, un insecte « importé » des États-Unis. Les seuls vignobles épargnés se trouvaient dans le Sud de la France. Mais le monde entier fut touché, à part quelques rares types de vignes. Le phylloxéra sévit encore de façon sporadique et ponctuelle de nos jours ; comme récemment en Turquie et en Australie.

En 1863 Napoléon III demandât à Louis Pasteur de chercher un remède. Pasteur proposât de chauffer le vin à 57 °C afin de détruire les germes, résolvant ainsi d’un coup les problèmes de maladie, de conservation et de transport. D’autres savants ont travaillé avant Pasteur sur les techniques de chauffage, comme Appert et Vergnette ; il l’a même reconnu. Mais la pasteurisation fut abandonnée avant la fin du XIXème siècle.

Champagne

Au début du XXème, la Prohibition stoppât la production de vin aux E-U, alors florissante, jusqu’au début des années trente, époque à laquelle la qualité fut visée, par une viticulture rationalisée, à travers l’usage de cépages déterminés, essentiellement issus d’Europe.

Le syndicat des vignerons de Châteauneuf-du-Pape vit le jour en 1924, et celui des Côtes-du-Rhône en 1929, car la pagaille était totale.
En 1929 fut créé l’Office International de la Vigne et du Vin et, en 1931, du Comité National de Propagande en faveur du Vin. Les Aoc virent le jour un peu plus tard. La Fédération des Associations Viticoles de France créât la Section des grands crus en 1932. En 1933 fut créée l’Académie du vin de France.

En 1935 fut créé le Comité National des Appellations d’origine des vins et des eaux-de-vie qui devint en 1947 l’Institut National des Appellations d’Origine des vins et des eaux-de-vie. Organisme privé en charge d’un service public. Naquit alors la catégorie des vins et eaux-de-vie à appellation d’origine contrôlée.

De nos jours l’Europe distingue les « VQPRD » et les « Vins de Table ». L’indication VQPRD regroupe et concerne les appellations d’origine de différents États européens.